À l’exemple de la Vierge Mère, le contemplatif est la personne centrée en Dieu. (VDQ 10)

Amoris Laetitia

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laetitia

 

   

          « La joie de l’amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l’Église. L’annonce chrétienne qui concerne la famille est vraiment une bonne nouvelle ! »


Le Pape François dans son exhortation Amoris Laetitia vient de nous donner des paroles pleines de force et de tendresse pour vivre en famille. En ce mois de juin, à l’orée des vacances qui sont un temps fort de joies familiales, nous pouvons y nourrir notre engagement dans l’amour et le don de soi. Dans nos communautés carmélitaines aussi ce texte du Saint Père résonne avec puissance pour orienter notre vie fraternelle et ecclésiale.

En effet la communauté n’est-elle pas une « vraie famille réunie au nom du Seigneur » (Perfectae caritatis15) et « petit collège du Christ » (Chemin Esc 20,1) ? Très souvent, que ce soit dans nos Constitutions (ou le terme revient 28 fois) ou dans d’autres textes, nous parlons de notre « famille religieuse » et du monastère comme de la maison du Seigneur. Entrons donc dans cette maison en chantant, comme nous y invite le Pape dans son exhortation apostolique, le psaume 127 que nous disons tous les jours à None. En Terre Sainte il n’est pas difficile de nous voir tous et toutes autour de la table comme des plants d’oliviers…

Si notre célibat dans la chasteté nous donne de vivre la fécondité d’une autre manière que dans la vie de couple, la communion avec le Christ est bien le fondement de notre vie communautaire : nous sommes réunies au nom de son amour ; cet attachement au Seigneur le fait vivre au milieu de nous. Ainsi, dans la communauté assemblée, nous pouvons contempler un reflet de la vie trinitaire, en goûter la douceur. Paradoxalement, la solitude ne nous isole pas. Vécue avec justesse et même une certaine radicalité, elle nous ouvre à une communion avec les autres toujours plus profonde.

Au reste, et c’est souvent une expérience marquante au début de la vie religieuse, plus nous avançons dans la consécration de nous-mêmes, plus notre reconnaissance grandit envers nos parents qui nous ont donné cette vie que nous donnons maintenant avec tant de bonheur. Nous rendons grâce aussi pour tout ce que nous avons reçu en famille et qui s’épanouit ensuite dans la vie fraternelle en communauté. Mêmes les épreuves traversées sont perçues positivement, tant elles peuvent êtres « reprises » dans l’amour miséricordieux. Le Pape François évoque au n°17-18 cette mission capitale confiée à la famille dans le choix de vie et la vocation chrétienne.

« Du labeur de tes mains tu te nourriras, heureux es-tu ! » Plusieurs paragraphes développent la place du travail dans notre vie de famille. On sait combien la vie monastique y attache d’importance. Et nous pouvons facilement écouter sainte Thérèse qui désirait  «vivre l'observance religieuse et la vie communautaire avec un coeur magnanime et fraternel, comme membres de la famille de Dieu où tout concourt à la joie. Elle mit l'accent sur la dignité de la personne, l'amitié entre les soeurs et la communion entre les divers monastères. » (Constitutions 8)

Mais il est un paragraphe remarquable : celui qui nous invite à la tendresse, qualifiée par la Pape de « vertu quelque peu ignorée en ces temps de relations frénétiques et superficielles ». Mettons dans nos relations fraternelles cette délicatesse, ce respect plein d’attention et aussi de miséricorde et de pardon, ce sourire qui illumine tous les quotidiens les plus monotones, et l’amour des disciples du Christ rayonnera sur le monde. C’est bien la lumière qui brillait au foyer de la Sainte Famille de Nazareth dont chacun de nos carmels voudrait être l’icône vivante.

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