À l’exemple de la Vierge Mère, le contemplatif est la personne centrée en Dieu. (VDQ 10)

Beauté de Jésus

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christ aux beaux yeux1

 

         

Nous voici aux fêtes pascales. Le Seigneur donne sa vie dans la beauté parfaite du Serviteur et ressuscite plein de gloire, resplendissant de beauté.


Les saints du Carmel ont contemplé longuement la beauté de Jésus tant dans sa passion que dans le mystère de sa Résurrection.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus - et de la sainte Face, ne l’oublions pas- contemplait sans se lasser le Visage du Dieu-Homme :

   « O Face Adorable de Jésus, seule Beauté qui ravit mon coeur, daigne imprimer en moi ta Divine Ressemblance, afin que tu ne puisses regarder l'âme de ta petite épouse sans te contempler Toi-Même.

   O mon Bien-Aimé, pour ton amour, j'accepte de ne pas voir ici-bas la douceur de ton Regard, de ne pas sentir l'inexprimable baiser de ta Bouche, mais je te supplie de m'embraser de ton amour, afin qu'il me consume rapidement et fasse bientôt paraître devant toi: Thérèse de la sainte Face » (Prière 16)

 

C’est un trait spécifique de l’art chrétien : évoquer la beauté de la vie donnée par amour pour ses frères et pour Dieu, malgré des épreuves et des souffrances qui n’ont, en elles-mêmes, rien de beau. La liturgie du Carême nous y introduit de façon particulièrement éloquente. Comme le note le Cardinal Ratzinger dans un recueil d’articles publié peu avant son élection pontificale, les textes du Lundi saint font en effet se juxtaposer la description faite par le prophète Isaïe du Serviteur souffrant, lequel apparaît “sans éclat ni beauté” pour attirer nos regards, et le Psaume 44,3 qui parle du Messie comme du “plus beau des enfants des hommes. Comment, le même jour, appliquer ces deux textes au Christ des douleurs? La réponse, selon le Cardinal Ratzinger, tient au fait que la véritable beauté de la vie se situe avant tout dans le don de soi, si bien que l’on peut dire du Christ qu’il n’est jamais aussi beau qu’au moment de sa passion. (cf « Chemins vers Jésus p 21-23)

On notera que cette idée n’est pas nouvelle. Commentant Jn 17,1, Thomas d’Aquin fait déjà remarquer, en jouant sur les assonances latines entre glorificare et clarificare, que la “glorification” promise au Fils par le Père ne s’applique pas seulement aux événements glorieux de la Résurrection et de l’Ascension, mais commence déjà sur le trône de la Croix, où l’amour de Dieu se trouve mystérieusement dévoilé en plénitude.

« Glorifie-moi, dans ma Passion, en montrant que je suis ton Fils : GLORIFIE TON FILS. Aussi le centurion, à la vue de ces miracles, a-t-il dit : Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu. »

 

Le Conseil pontifical de la culture reprend et développe cette intuition: “Le chrétien voit dans la difformité du Serviteur souffrant dépouillé de toute beauté extérieure, la manifestation de l’amour infini de Dieu qui va jusqu’à se revêtir de la laideur du péché pour nous élever, par-delà les sens, à la beauté divine qui dépasse toute autre beauté et jamais ne s’altère. L’icône du Crucifié au visage défiguré contient pour qui veut la contempler, la mystérieuse beauté de Dieu. C’est la Beauté qui s’accomplit dans la douleur, dans le don de soi sans aucun retour pour soi. C’est la beauté de l’amour qui est plus fort que le mal et la mort”. (« La voie de la beauté » p. 111)

 

La résurrection est la révélation plénière de cette beauté de Dieu. Notre Mère Sainte Thérèse en a fait l’expérience bouleversante :

           « Un jour, pour la Saint-Paul, à la messe, cette Humanité Sacrée se montra à moi tout entière, comme on peint le Christ ressuscité, dans toute la beauté et la majesté que j'ai décrites à Votre Grâce quand vous m'en avez donné l'ordre formel, et j'eus bien du mal à le faire, car on ne peut en parler sans être anéanti; j'en ai parlé du mieux que j'ai pu, je n'ai donc pas à y revenir ici. Je dis seulement que n'y eût-il au ciel, pour délecter la vue, que la grande beauté des corps glorieux ce serait immense béatitude, en particulier, voir l'Humanité de Jésus-Christ Notre-Seigneur; et pourtant Sa Majesté ne révèle ici-bas de lui que ce que notre misère peut supporter: que sera-ce là où nous jouirons pleinement d'un tel bien? » (Vie 28,3)

          

            Dans cette contemplation, sainte et belle fête de Pâques !

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