Miséricordieux comme le Père, c’est la “devise” de l’Année Sainte. (Pape François)

Carmélites au Moyen Orient

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Carmélites des quatre carmels de Terre Sainte (Béthléem, Jérusalem, Haïfa et Nazareth) nous avons été appelées à vivre notre vocation au Carmel sur une Terre bien précise, celle de la Révélation et de l’Incarnation. Pour y être fidèles, il est toujours nécessaire d’approfondir notre identité et notre mission, aujourd’hui au Moyen Orient. Il est bon de réentendre la question que pose le Seigneur au prophète Elie, dans la grotte : « que fais-tu ici ? » (Cf 1 Rois 19,13)

Le Patriarche latin de Jérusalem, sa Béatitude Monseigneur Fouad Twal nous a affirmé : « nous avons tellement besoin de vos carmels pour donner à cette Terre Sainte sa dimension spirituelle, sa vraie vocation. Vos carmels sont des oasis de paix, d’où s’élève une constante prière, qui malgré sa discrétion tient le monde debout. » Encouragées par de telles paroles nous avons à cœur de nous pencher sur les défis propres à nos communautés dans cette région, sur les défis aussi des chrétiens dans toute la région du Moyen Orient. En effet nous ne voulons (ni ne devons) rester étrangères aux pays qui nous accueillent. Nos communautés sont indissociables, dans leur vocation, de cette région du Moyen Orient. Il ne s’agit pas d’abord d’une situation géographique, mais d’une réalité spirituelle que chacune de nous vit dans l’intimité de sa recherche de l’union à Dieu. Comment être moi-même une Terre Sainte (pour reprendre l’expression de notre Patriarche) où le Seigneur puisse revivre tout son mystère ? Nous avons à nous laisser transformer toujours davantage par la grâce de l’Incarnation, à nous laisser transpercer aussi par la Croix du Seigneur, prenant à cœur les souffrances, les divisions entre les peuples de cette région du monde.

Nous avons beaucoup de profit à scruter cette dimension de notre vocation : pourquoi avons-nous été appelées à vivre l’idéal du carmel ici et maintenant ? Notre vie de prière s’appuie réalistement sur notre vie concrète dans ce diocèse de Jérusalem avec sa dimension mondiale, interreligieuse et œcuménique. Il est bon aussi que de temps en temps nous échangions sur notre manière de vivre l’inculturation. Nous pouvons mettre en commun de beaux récits sur notre présence chrétienne au milieu du peuple juif et de peuple arabe, chrétiens et musulmans. Si nous ne pouvons aller à leur rencontre, au moins, lorsqu’ils viennent pour des contacts de voisinage ou autre, qu’ils aient un bon témoignage des chrétiennes, les « baraka », « celles qui bénissent ».

Cela nous engage dans notre vie communautaire : d’une part, nous ne pouvons pas nous désengager, nous replier sur nous-mêmes et nos problèmes internes, d’autre part nous avons à témoigner, à laisser rayonner la présence du Christ qui nous a réunies pour vivre avec Lui et de Lui. Même si le témoignage est silencieux, il doit être. Il y a une dimension prophétique du Carmel au Moyen Orient que nous ne devons pas perdre de vue mais au contraire mettre en valeur. Il ne s’agit d’ailleurs pas de choses extraordinaires mais par exemple de la fidélité à l’oraison, les deux heures par jour : c’est « notre travail » et les pèlerins ou les visiteurs doivent le percevoir. Il peut s’agir aussi du détachement des objets ou des responsabilités, afin de laisser le Christ rayonner. Il y a assez de murs dans le pays, ne construisons pas de murs entre nous ! Notre fidélité à la méditation priante de la Parole de Dieu doit prendre un relief particulier dans notre suite du Christ sur la Terre de la Parole.
 
Les contacts entre carmélites du Moyen orient nous permettent aussi de nous entraider devant la situation vocationnelle,  de chercher quels chemins pour établir une vraie union entre nous. Nous pourrons alors répondre à notre grande mission : « au cœur aimant et aux mains jointes des cloîtrées est confiée la marche de l’Eglise  » et de l’Eglise in medio Oriente par excellence.


 

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